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lundi 20 septembre 2010

Laisse Béton (ta thèse)

Chanté le : 20 septembre 2010
Auteur de la chanson originale: Renaud
Titre original: Laisse Béton
Goguettiers: Pauline & Aurélien
Texte de la goguette:

J’étais tranquille un lundi soir
J’arrive au Limonaire
Roland bossait tout seul au bar
Sur le thème de la s’maine dernière
Clémence est déjà au piano
Roland vient faire son rigolo :
« T’as une sourdine, sardine,
T’es pas radine.
J’suis pas radin sur les jeux d’mots
Chaque semaine j’en mets dix kilos
J’risque pas d’dev’nir monotone
T’apprends pas ça à la Sorbonne.
Ta thèse, Clémence, elle est bidon »
I’lui dit : « laisse béton »

Elle m’a parlé d’Rameau
J’lui ai parlé d’Adamo
Elle m’a joué du Coup’rin
Stan lui d’mande Joe Dassin

J’étais tranquille un lundi soir
Stan chantait ses plus grands succès
Bien entendu comme toutes les stars
Des groupies lui couraient après
Clémence ramassait les bouquets
Stan vient la voir, très satisfait :
« Ton piano i’sonne, bobonne
T’es vraiment bonne.
Ce soir c’était un vrai carton
Il faut dire qu’on est hyper bons
J’ai mêm’une chanson inédite
La semaine prochaine au Zénith
Ta thèse, t’en verras jamais l’fond »
I’lui dit : « laisse béton »

Elle m’a parlé d’Dornel
J’ai chanté du Bruel
Elle a joué du Royer
Annie d’mande Charles Trénet

J’étais tranquille un lundi soir
Annie faisait la chambellane
Pas de goguette, c’est l’désespoir
Mais Annie n’est jamais en panne
Car heureusement Clémence est là
Annie vient lui parler comme ça :
« Rien au programme, p’tite dame
C’est pas un drame
C’est pas très grave quand il y’a rien
Au moins y’a pas d’goguette d’Alain
T’façon j’me fais vraiment pas chier
J’ai trois chansons déjà r’copiées
Arrête ta thèse, fais des chansons »
E’lui dit : « laisse beton »

M’a joué un madrigal
J’ai chanté Font et Val
Elle a joué du Lully
Pauline voulait Johnny

J’étais tranquille un lundi soir
Pauline me cassait les oreilles
On l’entendait depuis l’trottoir
Elle répétait d’puis l’avant-veille
Clémence suivait tant bien que mal
Pauline lui dit d’un air glacial :
« Aurélien, c’crétin
L’est pas malin
J’lui d’mande d’m’aider sur ma goguette
Il fait que se payer ma tête
Il pète vraiment plus haut qu’son cul
Arrête d’accompagner c’glandu
Ou pour ta thèse tu s’ras marron »
Moi j’lui dis : « laisse beton »

M’a joué un concerto
J’m’en fous j’préfère les slows
L’a rejoué du Rameau
Là j’ai fermé l’piano

La morale d’c’te pauvr’histoire
À la Sorbonne quand t’es thésard
Faut pas trop traîner dans les bars
Tu s’rais mieux au Conservatoire
Quand chaq’semaine à la Goguette
T’accompagnes des écrivaillons
Ca t’donne quand même des idées chouettes
Pour sout’nir ta thèse en chanson

Les flics à Paris-Plage ??...

Chanté le : 20 septembre 2010
Auteur de la chanson originale: Patrick COUTIN
Titre original: J'aime regarder les filles
Goguettier: Manu
Texte de la goguette:

La haine...

La haine, regarder les flics qui patrouillent paris-plage

Leur présence au soleil dérange mon paysage

A pieds ou en vélo, sourire de miel sur les lèvres

La haine

La haine, regarder les flics qui patrouillent paris-plage

Leur flingue sur les hanches, ces cons et ces connasses

Ont dans leurs yeux une ombre qui sent un peu la mort

La haine

La haine, regarder les flics qui patrouillent paris-plage

Provocation gonflée, sous leur gilet pare-balle

Tous les yeux se détournent quand on voit qu'ils passent

La haine

La haine, regarder les flics qui patrouillent paris-plage

Les voleurs dans leur dos, les fumeurs qui se cachent

Et l'air devient pervers, lui qui était potache


La haine, regarder les flics. Les flics !

Leur flingue sur les hanches

Provocation gonflée

Les voleurs dans leur dos

La haine, regarder les flics. Les flics !


La haine, regarder les flics qui patrouillent paris-plage

Leurs collègues dans la ville, sirène sur leur passage

Les yeux des caméras, leurs bavures, leurs prisons

La haine

La haine, regarder les flics qui patrouillent paris-plage

Le pouvoir qui leur monte à la tête ça d'vient chaud

Ils ont leur chiffre à faire, il faudrait qu'ils se cassent

La haine, regarder les flics qui patrouillent paris-plage


Qui patrouillent paris-plage... les flics !

Les aveux d'Eric Woerth

Chanté le : 20 septembre 2010
Auteur de la chanson originale: Georges Brassens
Titre original: Trompe la mort
Goguettier: Stan
Texte de la goguette:

Malgré l’acharnement qu’il y a
Bien orchestré par les médias
Encore une fois, je le redis
Je n’ai jamais menti
Et oui, Mesdames et Messieurs
Vous n’en croyez p’têtre pas vos yeux
Mais je ne sais rien des affaires
Qui touchent ces milliardaires

Comment diable vous renseigner
Je n’ suis qu’un humble trésorier
Qui vit éloigné de la Cour
A mille lieux des Bettencourt.
Et j’ n’apprécie pas qu’on cancane
D’autant que j’ pensais que Liliane
Etait otage en Colombie,
c’t un alibi.

Comment dites vous ? Patrice de Maistre
Non désolé, moi pas connaître
J’ suis pas ami avec ce plouc
Vérifiez sur Facebook
Bon d’accord, je l’ai décoré
Mais ce jour là, j’étais bourré
On avait fêté au Mescal
Son évasion fiscale

Ma femme travaille, première nouvelle,
Je m’ disais bien que la vaisselle
Ces derniers temps n’étaient pas faites
Viv’ment qu’on la mette à la retraite
Qu’elle puisse rester dans sa cuisine
A me concocter des terrines
Car franch’ment ces plats surgelés
Ca m’ fait gonfler.

Moi qu’avais les faveurs du Roi
Moi qu’on disait honnête et droit
Moi qui ai posé dans Gala
Tout près de Nicolas
Désormais, je me sens banni
A cause de toutes ces calomnies
Il n’est mêm’ plus question qu’ je traite
La réforme des retraites

Si j’avais su cette triste suite
J’ me s’rais pris une sacrée cuite
Le soir du sacre du Fouquet’s
J’aurais vomi dans les chouquettes
Car depuis ces salamalecs
On me hait plus que Doménech
Si bien que le soir, dans mon pieu,
Je suis nerveux.

Si vous continuez vos attaques
Si je dois finir comme Jeanne d’Arc
Il ne serait pas malhabile
D’envisager l’exil
Ca tombe bien, pour me faire la belle,
Je connais une île aux Seychelles
Un endroit infesté d’ moustiques
Mais inconnu du Fisc

Cela dit, vu tout’ mes cass’roles
Je suis aussi à bonne école
Pour me recycler chez Téfal
Je ferai un bon commercial
Mais avouez que ce s’rait ballot
De finir comme vulgaire camelot
Alors que, selon mon milieu,
J’étais c’ qu’ y a d’ mieux.

jeudi 22 juillet 2010

Toast à qui

Chanté le : fin juillet à Anères
Auteur de la chanson originale: Noir Désir
Titre original: Tostaky
Goguettier: François
Texte de la goguette:

Entoilons la Terre
d'autoroutes pour riches
de diagonales illégales
profitant du bazar
Rayons ceux qu'ont la dalle
coupons-leur le canal
et jouons-la à la Woerth,
n'ayons l'air de rien

chorus : Vous les Seigneurs de l'Univers
Effacez donc la Lune
Plus de place pour le rêve
L'équation est simple et claire :
Y en a un qui prend la thune
Y en a cinq qui crèvent

Des Kostars des lunettes noires
Avec la boîte de cigares
Encore combien à attendre
de tempête de marée noire
pour que tout ça touche St Trop' (X etc!)

TOAST A QUI ?

Prendre les autochtones
A l'Est
Pour construire nos drones
A l'Est
Pour envahir le ciel
Fuite artificielle
Prenons-leur les pensions
Supprimons la retraite
Laissons-leur le fardeau
De cette trop vieille Terre

Et nous-autres on se casse
Derrière nous la crasse
Car nous-autres on se casse
Avec nos précieuses liasses (X etc!!!!!)

TOAST A QUI ?

Bien élu
avec tous les dommages
Nous vous avons compris
Il n'y avait plus qu'un pas
pour vous couper le souffle,
pour vous couper les bras,
râper vos derniers sous que
nous pourrons plier
Nous on joue tout comme Woerth
et ça a l'air de rien

Alors,
Soyons désinvoltes
Parce qu'on ne vaut rien!
Soyons désinvoltes

RIIIIIEEEN !!!

lundi 12 avril 2010

Le pognon

Chanté le : 12 avril 2010
Auteur de la chanson originale: Brassens
Titre original: le 22 septembre
Goguettier: Oscar
Texte de la goguette:

Ayant cru sottement qu'ici-bas tout s'achète
D'avoir plein de pognon je rêvais en cachette
En m'inquiétant un peu pour des histoires de sous
Or je suis devenu plutôt Job que Crésus
Mais je ne rêve plus à des tas d'or en sus
Avoir plein de pognon aujourd'hui je m'en fous

On ne m'y prendra plus à me faire un sang d'encre
Comme au temps de l'école où sur le banc des cancres
L'avenir s'obscurcit pour des histoires de sous
A présent je me ris des prévisions funestes
Dont on accable tant les amateurs de sieste
Avoir plein de pognon aujourd'hui je m'en fous

J'en suis guéris je crois de ces fringales de thunes
Qui me faisaient trimer en quête de fortune
Et bouffer des couleuvres pour des histoires de sous
Je n'ai plus d'appétit pour les fins pécuniaires
Et tant pis si je jeûne de toute les manières
Avoir plein de pognon aujourd'hui je m'en fous

Même si j'avais eu la fibre monétaire
J'aimais trop les vertus honnêtes pour les taire
Et faire des compromis pour des histoires de sous
Et c'est le cœur léger que j'ai rompu l'amarre
Du quai des besogneux j'en avais vraiment marre
Avoir plein de pognon aujourd'hui je m'en fous

Même pour un petit pactole périodique
Plus jamais je n'irais pointer aux Assédic
Et me mettre à genoux pour des histoires de sous
Je bosse à ma façon si je n'en ai pas l'air
Si je peins c'est pour l'art et non pour un salaire
Avoir plein de pognon aujourd'hui je m'en fous

Et sans triche je suis bien plus riche sans sous

lundi 29 mars 2010

Les chats

Chanté le : 29 mars 2010
Auteur de la chanson originale: Brassens
Titre original: Supplique pour être enterré sur une plage de Sète
Goguettier: Oscar
Texte de la goguette: Les chats

A toi que la bêtise ou l'envie rend méchant
Toi que la morgue incite à juger mes penchants
Toi que mes amourettes dépassent
Une bonne fois pour toute cette chanson
Répondra à ma place à tes affreux soupçons
De zoophilie et j'en passe

S'il est vrai que mon cœur qui fut longtemps aigri
En pince à nouveau fort pour un beau mistigri
Au point d'aimer même sa litière
Ne va pas raconter que c'est son pédigrée
Qui m'a chauffé le cœur à un si haut degré
Le chat que j'aime est de gouttière

En jugeant notre époque et nos petits travers
Tu dis qu'aimer les chats dénote un goût pervers
Une sorte de décadence
Sache qu'un tel amour ne date pas d'hier
Hérodote en son temps s'en fit l'écho d'ailleurs
En esquissant un pas de danse

Sur le delta du Nil tout près des pyramides
Les Égyptiens bâtirent un temple à la timide
Déesse chatte nommée Bast
Son culte fut de tous un des plus populaires
Tant pis si comme toi les historiens foulèrent
Du pied tant d'amour et puis bast' !

Il est vrai qu'en surplus à la fécondité
La déesse donnait dit-on en aparté
L'assurance de performances
Que les amants d'alors savaient mettre à profit
Pour faire de beaux enfants ainsi ce culte fit
Le bonheur de bien des romances

Quand vint le temps du grain et des agriculteurs
On loua chez le chat ses dons de prédateur
De croqueur de rats campagnols
Quant à moi sans céder aux vues utilitaires
Grand amateur de jeu, surtout en solitaire
Je trouve le chat croquignol

Je ne suis pas le seul à aimer les miauleurs
Sans considération de race ou de couleur
Sans songer à la chose utile
Pour Céline son Bébert était « le tact en ondes »
Pour Ernest Hemingway ce n'était pas immonde
D'aimer cent chats polydactyles

Mahomet lui aussi aima un chenapan
Un chat de rien du tout qui tua le serpent
Peu importe sa parenté
En souvenir de lui qui sauva le prophète
Chez tous les musulmans les chats sont à la fête
N'en déplaise à la chrétienté

Bien qu'il ait dit souvent « les chats sont diaboliques »
Richelieu en privé en avait toute une clique
Quatorze en tout dont la minette
Qu'il appela Soumise était sa favorite
Dormant sur ses genoux et buvant l'eau bénite
De ce prélat fort malhonnête

Qu'on ne nous parle plus des temps où se dictait
Que dans les yeux des chats l'Enfer se reflétait
Où la bure imposait sa thèse
Que pour l'amour de Christ incarné parmi nous
On brûlât les sorcières et leurs damnés minous
Et refermons la parenthèse

Si l'on devait coucher les noms sur un carnet
De tous les gens connus entichés d'un minet
Ça ferait un sacré bottin
Aussi pardonne-moi si je joue au greffier
Qui tient le répertoire des fana de greffiers
C'est que j'aime bien les potins

Scarlatti composa des fugues et des sonates
Pour sa Pucinella reine de ses pénates
Une chatte bien affective
D'autres musiciens eurent un chat en bon génie
Mozart Chopin Ravel Fauré et Rossini
La liste n'est pas exhaustive

Jusque dans l'antichambre des rois et des puissants
Se pavanaient des chats angora ou persan
Se moquant de l'impertinence
Colbert et Montesquieu Louis Quinze ou bien de Gaule
Churchill et puis Clinton il n'y a pas qu'en Gaule
Que les chats jouent à l'éminence

Mais s'il est un domaine où les chats ont posé
Durablement leurs pattes et se sont imposés
En compagnons inévitables
C'est celui très prisé de la littérature
Pardon mais je ne peux sans friser l'imposture
Taire les noms les plus notables

Si j'ai cité plus haut Hemingway et Céline
Il est d'autres auteurs qu'une passion féline
Habitait de toute leur âme
Baudelaire Maupassant Gautier et Mallarmé
Dumas Zola Hugo chacun d'eux a aimé
Les chats s'ils n'aimaient tous les dames

De tous les cas connus chez les femmes de lettre
Celui de Georges Sand mériterait de l'être
Comme l'un des plus délectables
Sachant que le matin au petit déjeuner
Son petit chat mangeait sans qu'elle en fut gênée
Dans son assiette et sur la table

De tous les plumitifs que je voulais citer
De Montaigne à Perrault et à son chat botté
Je veux finir sous la houlette
De cette amie des chats la plus fameuse de toutes
Dont Kiki-la-Doucette est fort connue sans doute
Et saluer enfin Colette

Je t'épargne la suite elle n'aurait pas de fin
Et de ce qui précède tu peux comprendre enfin
Que ton dédain est obsolète
Mon amour a pour lui tant de prédécesseurs
Tu comprendras mon vieux que j'ai pour les censeurs
Moins d'affection que pour les bêtes

Pour te remercier de m'avoir écouté
Je te dois à la fin ces mots à méditer
C'est que l'amour est réciproque
Crois-moi si tu le peux et tu m'en saura gré
Que quand il bat le cœur est bien récompensé
Fut-ce pour un chat qu'il en croque

Crois-moi si tu le peux et tu m'en saura gré
Que quand il bat le cœur est bien récompensé
Fut-ce pour un chat qu'il en croque

lundi 15 mars 2010

Paris sous les eaux

Chanté le :
Auteur de la chanson originale: Brassens
Titre original: Stances à un cambrioleur
Goguettier: Oscar
Texte de la goguette:

Visiteur des abysses, plongeur ou bien ondine
Toi qui découvrira,en suivant les poissons
D'ici à deux mille ans, ma cité sous-marine
Pour t'en conter l'histoire j'ai fais cette chanson

C'est ma ville, d'où j'écris cette correspondance
En espérant beaucoup, en dépit du déluge
Qu'elle te parviendra, à toi, ma descendance
Si la Terre a daigné t'accorder un refuge

Cette ruine que tu vois sous ton masque et tes palmes
N'a pas toujours été dans un si triste état
Si l'on eût concouru à qui aura la palme
Ma ville aurait gagné, sans mentir je le crois

Du temps de mes ancêtres, on l'appelait Lutèce
Perchée sur des ilots, en proie à bien des crues
Était-ce le génie, ou bien sagesse était-ce
Elle prospéra bientôt grandement, qui l'eut cru ?

Au fil de bien des siècles et de péripéties
Elle devint capitale des lettres et des arts
Grande ville s'il en est, c'est bien dommage si
Les hommes de mon temps le comprennent trop tard

Avant qu'elle ne se noie, que sa flamme ne vacille
Qu'elle ne soit submergée, du fond de ma chaumière
Je veux encore y croire, que pour toujours il brille
Le feu qui lui valu son nom : ville lumière

Toi qui la trouvera, comme une ruine antique
Apprends à mieux la voir sous son fard de corail
Ces arêtes rocheuses étaient de fiers portiques
Et ces cailloux nacrés les reflets d'un vitrail

Cette protubérance, toute d'algues touffue
Était un obélisque, Place de la Concorde
Ce gros rocher une arche, la plus glorieuse qui fut
c'est dur à croire je sais, c'est sûr, je te l'accorde

Ces ruines englouties, ces débris, ces vestiges
Ces coupoles crevées, où dansent les sirènes
Faisaient jadis honneur, par leur brillant prestige
A la fierté des hommes, avant celle des murènes

A propos j'ose dire, moi qui suis ton aïeul
Sans vouloir t'imposer un injuste chagrin
En voyant ces murènes, fais-leur un beau clin d'œil
Elles ressemblent beaucoup à mes contemporains

Car depuis l'origine, jusqu'à la catastrophe
Il faut bien l'avouer, en dépit des alarmes
Les hommes d'ici-bas, tartufes philosophes
Ont tout noyé d'abord sous des torrents de larmes

Dans ces palais dorés, couverts de coquillages
Vivaient jadis des princes, qu'on appelait Monsieur
Dont la folie fut telle que leurs enfantillages
Ont détraqué le temps et la Terre et les cieux

Sous les pinces des crabes, de faux savants allègres
Méditaient bien plutôt que les lois naturelles
L'algèbre bidouillée des temples de la pègre
Dont tu vois les débris d'acier qui s'amoncellent

Dans cet observatoire, où joue un cachalot
Avec des poissons clown, des météorologues
Assistaient impuissants à la montée des flots
Le cataclysme vint poser son épilogue

Noyée la fière Europe,sous les eaux torrentielles
Emportés sous la vague de l'océan trop plein
Les pays limitrophes qui défièrent le ciel
Dont fit partie la France, le pays qui fut mien

Engloutie chère ville, au passé héroïque
Dont la devise flu - ctua nec mergitur
Pardonne-moi de le dire au fond n'était que
N'en déplaise à Brassens, de la littérature

Puisses-tu trouver là, parmi les anémones
Toi qui viens du futur, ces mots pour toi écrits
Surtout ne va pas croire que je te sermonne
Accorde-nous plutôt, ton pardon, je te prie

Postscriptum, si les hommes, descendent du cœlacanthe
Toi qui nagera là, au-dessus de Paris
Relis bien Blaise Pascal et Prévert et puis chante :
On ne survit pas bien aux stupides paris